Ito: J+11: un jour dans le « japanese lifestyle »
Aujourd’hui était un jour de « mouvement » avec le départ de l’historique Kyoto (pleine de temples, vous l’aurez compris) pour aller rejoindre pour une nuit Ito, sur la péninsule d’Izu, à une heure et quelques de Tokyo pour gouter la mer et la vie d’une petite ville balnéaire.
Avant le check-out de notre hôtel à Kyoto, nous décidons d’une petite virée pour voir les 2 temples à proximité que nous n’avions pas pris le temps d’aller voir. Grands et avec des espaces (trop) modernes, ils n’en restent pas moins imposants. Faute de temps, nous n’y entrons pas et nous contentons de les observer avant de reprendre nos lourds sacs et rejoindre la gare.
Notre trajet : un shinkansen (train rapide, à l’image de nos TGV, avec un nez avant écrasé (faudra qu’on prenne une photo)) jusqu’à Atami, puis un plus petit train pour rejoindre la ville d’Ito.
Premier pas dans la vie japonaise, avant de monter dans le train, nous achetons des « Bentos » sortes de boites à repas toutes prêtes et aux contenus variés (riz, boulettes de viande, sushis (mais cher), tonkatsu (steack de porc pané), etc…) pour manger pendant le trajet.
Le changement de train à Atami nous donne l’occasion de voir changer le profil des personnes qui nous accompagnent. Exit les « salary men » en costume cravate. Ce sont des familles et des « anciens » qui occupent maintenant les sièges.
Ito est une citée balnéaire (connue également pour ses onsen, bains traditionnels japonais à l’eau chaude de source naturelle, son poisson séché et ses mandarines (mika)), sûrement très prisée des tokyoïtes mais a priori bien désertée en cette saison. Nos compagnons de rame semblaient en effet lui préférer des destinations plus au sud de la péninsule.
Qu’à cela ne tienne, la ville sera à nous…Notre programme initial était de laisser les bagages, puis de reprendre le train pour le sud justement. Là-bas devait nous attendre une promenade de 5 heures en bord de littoral, avec au programme falaises de roches volcaniques, pont suspendu et j’en passe : Promenade de Jogasaki.
Mais il n’en fut rien. La flemme nous gagnant, et surtout le temps ne le permettant pas, nous nous sommes contentés d’errer sur la plage de sable noir toute proche, enivrés par l’iode surchargeant l’air, contemplant le port, les promeneurs avec chiens et enfants…On dirait du Hemingway…au rabais ;-D
Nous profitons donc de cette parenthèse plus calme pour nous poser, et effectuer la transition avant de nous confronter à la foule tokyoïte.
Nous procédons donc au check-in, dans cette auberge au cachet fou, le K’S House de Ito Onsen, et allons nous prélasser dans un bain. Familiarisés avec la coutume depuis celui de Koyasan, nous sommes déjà nettement plus à l’aise. Enfin, nous, chacun de notre côté car rappelons le, sauf exceptions, les onsen séparent traditionnellement hommes et femmes (et ce n’est pas plus mal vu que l’on se lave en communauté avant d’entrer dans l’eau et que l’on s’y plonge ensuite sans aucun vêtement).
Avant de continuer, apportons une précision sur le sujet, je vous sens demandeurs :
Nous disions donc, avant de rentrer dans le bain à proprement parler, il s’agit d’être complètement propre. A cet effet, autour du bassin se trouvent des robinets d’eau, le plus souvent accompagnés de poires de douche, de petits tabourets bas en bois, et d’une bassine de bois. On y vient dans le plus simple appareil, seulement équipé de sa petite serviette gant et de son savon (gel douche), que l’on peut louer éventuellement à l’accueil de l’établissement.
On se lave donc assis avec la douche et la bassine. En effet, il n’est pas convenable d’arroser d’eau ou de mousse ses voisins, et encore moins l’eau du bain. Une fois complètement propre et rincé de toute mousse de savon, on peut pénétrer dans l’eau chaude…un vrai régal.
Après ce moment de détente, nous décidons de prendre un verre au K’s House, dans un petit salon donnant sur la rivière. Certes il fait déjà nuit, mais l’endroit est des plus agréables.
Puis, la faim nous gagnant, nous nous faisons recommander un restaurant traditionnel à proximité par le staff. Que de bons conseils nous ont-ils donné. Nous nous rendons dans un établissement typique, à la déco faite de patchwork d’objets divers et incongrus (cerf-volants de papier, lanterne papier à l’effigie de Madonna, des poissons frais nous regardant d’un œil mort, légumes variés et colorés, un sapin de Noël…) mais donnant un certain charme.
Les tenanciers ne parlent pas un mot d’anglais, à part NO ou YES et K’s House…Cela tombe bien, en prononçant le mot K’S, ils nous proposent un menu spécial, permettant de découvrir un joli panorama de la cuisine du coin…L’occasion aussi de sortir quelques mots voire phrases en japonais et permettre de se faire comprendre un peu mieux. Le menu spécial « étranger » se composait d’une salade de légumes marinés de saison, des « oil-fish » grillés si on a bien compris (sauf que ce que nous renvoie google image ne ressemble absolument pas à ce qu’il y avait dans l’assiette), des légumes et des filets de poisson frits (tempura), une soupe miso (mais attention, une soupe maison, avec un goût incomparable à ce que l’on peut manger en France), un assortiment de sushis avec des poissons locaux (oishii), et pour finir une mandarine (mika) délicieuse. Bien sûr, le thé et l’eau étaient offerts…
Pour bien finir la journée, nous nous sommes baladés autour du quartier, avant de profiter d’une nuit de sommeil bien méritée sur des futons japonais (couche traditionnelle, composée d’un fin matelas posé à même le sol en tatamis, et d’une couette).